La Rétrospective : Excalibur est-il le meilleur film de fantasy jamais réalisé ?

La fantasy, c'était mieux avant !

 

Cette critique sera davantage un prétexte pour vous parler de mon amour pour la fantasy des années 80, plutôt qu'une véritable critique du film Excalibur.

Je vois d'ici les fans du Seigneur des Anneaux, qui vont me houspiller et m'insulter de tous les noms d'oiseaux à cause de mon titre. Prenez gardes manants, et numérotez vos abattis, car je ne me laisserai pas faire !

Plus sérieusement, je suis moi-même un grand admirateur de l'hexalogie des Hobbits et du descendant d'Isildur au cinéma, ainsi que des romans de Tolkien.

Néanmoins s'il est une catégorie de la fantasy que j'aime particulièrement, c'est celle des années 80 (Legend, Dark Crystal, Labyrinth, Willow…), et notamment deux films en particulier : Excalibur de John Boorman, et L'histoire sans Fin de Wolfgang Petersen. Le premier parce qu'il est encore aujourd'hui la meilleure retranscription de la légende Arthurienne sur grand écran, et le second parce qu'au-delà du vernis fantasy, le message en filigrane sur la puissance de l'imaginaire est extrêmement profond. Et on ne pourra pas m'accuser d'être un vieux con rétrograde parce que je n'étais pas né dans les années 80. Je suis un enfant des années 90 et il y a beaucoup de choses que je préfère aujourd'hui. La fantasy n'en fait pas partie.

Je me suis demandé pourquoi, et j'en suis venu à la conclusion que la fantasy de l'époque me plaisait davantage car elle ne s'embarrassait pas de la complexité moderne qui vise à conférer prétendument plus de corps au récit en diluant la magie de ces oeuvres dans des intrigues politiques.

Rare image de moi devant la série Games of Thrones

La fantasy de l'époque était plus modeste, mais aussi, plus lumineuse, et ne s'embrassait pas de futilités politiques et pompeuses comme celles de la série Games of Thrones, ou celles de la prélogie Star Wars.

D'ailleurs, l'épisode 1 de Star Wars en est un très bon exemple. Le scénario se perd dans un imbroglio politique mêlant le Sénat dans un conflit entre la fédération du commerce et Naboo, sous fond d'embargo… économique… zZzZzZz…

Moi ce que je voulais voir étant gosse, c'était un voyage initiatique. Je voulais que la fantasy me fasse rêver et me balance des paillettes dans les yeux, Kevin ! Je voulais pas que ça ressemble à un reportage BFM TV !

Bref, comme toujours, je digresse mais je tenais à faire ce point sur la fantasy des années 80, qui était plus simple, parce que ce point est important dans mon appréciation. D'autant que, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Simple ne signifie absolument pas stupide.

L'histoire sans Fin, un film pour enfant beaucoup plus intelligent qu'il n'y paraît.

J'ai même tendance à penser qu'un message complexe véhiculé simplement démontre un niveau d'intelligence bien supérieur à un message délivré de manière compliquée pour au final ne rien dire de très intéressant (coucou Christopher Nolan).

Attention, aux balles perdues dans cette critique, je défouraille à toute berzingue, ça peut partir n'importe où !

Pourquoi Excalibur est-il un grand film ?

 

Alors certes, le film n'est pas parfait, loin de là. C'est parfois très kitsch. Les combats à l'épée sont mous, mal chorégraphiés et font des bruits d'armes en plastique. Quant aux armures, elles flamboient de mille feux et peuvent provoquer des cancers de la rétine.

Même si personnellement, j'adore ces armures car cela renforce le caractère lumineux du film.

Praise the sun ! \[T]/

Mais franchement, c'est anecdotique, tant ce film brille sur tout le reste.

Il brille visuellement déjà, parce qu'entre la direction artistique à tomber à la renverse et sa photographie aux petits oignons, Excalibur est une réussite totale ! Et puisqu'une image vaut mieux que mille mots, voici un petit florilège démontrant la magnificence des plans et la beauté des compositions :

 

A noter que la plupart des images ci-dessus, exceptées les deux premières proviennent de la dernière demi-heure. Si je m'amusais à décortiquer chaque séquence pour en retirer les meilleurs plans, la tâche serait très chronophage, car le long-métrage nous en fait prendre plein les mirettes durant près de 2h30.

Ensuite, parce que le découpage scénaristique se décompose de manière très fluide, chaque demi-heure étant consacrée à un nouveau pan de l'histoire, alternant tour à tour entre l'histoire de Pendagron, celle d'Arthur en tant que jeune écuyer, Arthur en tant que roi, les chevaliers de la Table Ronde, la recherche du Graal, et enfin, le combat final contre Mordred, sans jamais perdre son spectateur et devenir soporifique.

Et je ne parle même pas de sa BO, épique, puissante, et belle, sublimée au rythme de Richard Wagner et de Carl Orff.

Si bien que le film nous plonge dans le mythe Arthurien, avec un respect inégalé au cinéma pour les récits de Chrétien de Troyes, et mieux que cela, cette relecture moderne de John Boorman du mythe nous fait prendre conscience que les oeuvres contemporaines n'ont rien inventé en matière d'intensité dramatique et héroïque, surtout à une époque où les super-héros sont rois.

Enfin, parce ce film est symptomatique de son époque, les années 80 (c'est le moment où je fais un parallèle avec ma longue introduction), et qu'il n'échappe pas à la règle, en étant lumineux et épique, et en traitant d'une histoire en apparence simple à base de destinée et de voyage initiatique du héros, mais en le faisant intelligemment. Cela me fait penser qu'un jour, il faudrait également que je parle de la SF des années 80, qui était infiniment meilleure que la SF insipide de notre époque.

Bref, à mes yeux un chef d'oeuvre de la fantasy, qui n'a pas encore été égalé, même si je reconnais la qualité des trilogies du Seigneur des anneaux et du Hobbit de Peter Jackson, qui ont eu l'intelligence de ne pas s'embourber dans les maux de leur époque et cette course à la complexification inutile de leur scénario.

Ma note :

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